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Réunion conjointe de la
Société Francophone dHistoire de lOphtalmologie
et de la Julius-Hirschberg-Gesellschaft
à Luxembourg
octobre 25, 2003
Résumes
par l’ordre
des communications
Jacques Voinot
(Chaponost):
Le cachet à collyres découvert à Dalheim
(Grand Duché de Luxembourg)
L'inventaire que j'ai dressé de ces cachets date de 1999, il
en recense 314. La
dénomination "cachets à collyres" est meilleure
que celle utilisée auparavant (cachets
d'oculistes), elle correspond mieux à l'emploi de ces objets.
Le cachet de Dalheim a été découvert en 1855, il
porte le numéro 108 dans mon
inventaire. Il est conserve au Musée d'Histoire et d'Art de Luxembourg.
C'est une pierre
irrégulière et seul un côté porte une gravure
parfaitement lisible, l'autre côté a été
abîmé
ou effacé en partie.
Dr. J. Voinot, 4 rue Ferroussat, F-69630 Chaponost
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Aloys Henning (Berlin):
L’abstraction astronomique de l’Homo erectus bilzingslebenensis
il y 370 000
ans
Lors de ses précédents exposés à la 15e réunion
de la Julius-Hirschberg-Gesellschaft,
en 2001 à Hambourg et lors de l‘inauguration de la section
du Musée d‘Histoire de la
Médecine de Berlin hébergeant la succession Albrecht von
Graefe, l‘auteur avait fait
allusion à la sémiotique lunaire universelle de l‘úil,
en se référant au calendrier lunaire
de vingt-huit jours gravé par l‘homme paléolithique
de type non-sapiens, vivant il y a 370
000 années en Thuringie.
La disposition des rayures se redressant successivement à la verticale,
puis
redescendant probablement selon la croissance puis la décroissance
du disque lunaire,
donnent une indication étonnante sur les capacités intellectuelles
de cet hominidé qui
est considéré comme étant le premier homme de notre
histoire culturelle (Mania 1998).
Les efforts de l‘homo erectus paléolithique pour appréhender
la stabilisation de sa
situation écologique grâce aux observations d‘un calendrier
lunaire, constitue une étape
essentielle dans l‘évolution de la connotation lunaire de
l‘úil.
Dr. med. A. Henning, Spandauer Straße 104 K, D-13591-Berlin
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Gerhard Keerl (Düsseldorf):
Le livre de Tobie –
une histoire apocryphe sur la cécité et sa guérison
La cécité puis la guérison de Tobie constituent le
thème central du livre de Tobie. En
même temps que d‘autres chapitres de l‘époque
préchrétienne, le Concile de Trente
(1546) l‘a déclaré en tant qu‘apocryphe de la
Bible de l‘Eglise catholique. Les écrits du
Canon ont un caractère de révélation pour le croyant.
La valeur spirituelle des
apocryphes reste contestée malgré leur étude depuis
plus de deux mille années.
L‘Ancien Testament hébraïque ne les contient pas. Jusqu‘à
peu, l‘Eglise Réformée a
contesté violemment leur classement et a même revendiqué
leur élimination.
Heureusement le Réformateur Luther a trouvé un compromis.
Il ne les juge pas dignes
du Canon, mais les a gardés en annexe de l‘Ancien Testament.
Ainsi Tobie est resté
dans la Bible de Luther (depuis 1534), et ceci dans la traduction du texte
primitif grec.
Il est intéressant de relever qu‘en dehors de tous les arguments
théologiques, l‘intérêt
de Luther pour ce passage eut des suites intéressantes. Du fait
d‘une erreur provenant
de la traduction grecque et du fait de ses connaissances insuffisantes
de l‘anatomie
oculaire, il s‘en suivit une erreur de diagnostic concernant la
cause de la cécité.
L‘opacité cornéenne fut interprétée
comme étant une opacité cristallinienne. Cette
erreur servit un siècle plus tard à Rembrandt pour ses croquis
et peintures. Grâce à ses
rapports privilégiés avec la corporation des chirurgiens
d‘Amsterdam et ignorant l‘erreur
de Luther il a pu nous transmettre un témoignage de la technique
de l‘opération de la
cataracte de son temps.
Dr. med. G. Keerl, Droste-Hülshoffstraße 2, D-40474 Düsseldorf
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André Bouzas (Athènes):
Alcméon de Crotone,
un médecin renommé de l’époque pré-hippocratique
À Crotone, en Italie du Sud, à l‘époque de
la Grande-Grèce, fleurissait déjà une école
de Médecine à laquelle Alcméon, vers l‘an 500
avant J.C., a été qualifié. Il a été
en
même temps disciple de Pythagore.
Alcméon a pratiqué des recherches scientifiques approfondies
surtout en anatomie et
en embryologie. Il a disséqué de nombreux cadavres d‘animaux
et même des animaux
vivants. Il a été le premier qui a émis la théorie
selon laquelle l‘encéphale était le centre
des sens et le siège dominant de l‘âme et de l‘intelligence.
Jusqu‘alors, et même plus
tard, pendant la période classique de la Grèce antique,
on considérait le cúur comme le
centre qui dominait toutes les activités du corps humain.
Alcméon a particulièrement étudié les organes
sensitifs, excepté le toucher. Il a fait
beaucoup pour l‘anatomie de l‘úil et il a même
pratiqué l‘excision. Il s‘est demandé si
c‘état l‘úil qui voyait, s‘il reflétait
les images, s‘il était actif ou passif. Enfin, il a décrit
l‘existence des nerfs optiques, leur consistance et leur connexion
avec l‘encéphale. Il a
aussi décrit les nerfs qui relient les divers organes au cerveau,
ainsi que les veines et
les artères. Il exposa une théorie du sommeil et de la mort.
Beaucoup de ses connaissances furent perdues par la suite. À cause
de son
imposante personnalité scientifique, Alcméon a exercé
une grande influence sur ses
disciples et ses successeurs. Par ses épigones, il a été
considéré comme le premier
père de la Médecine mais aussi comme le premier anatomiste
et embryologiste du
corps humain.
Prof. Dr. A. Bouzas, 59 rue Skouffa, GR-10672 Athènes
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Franz Daxecker (Innsbruck):
Les plantes médicinales pour maladies oculaires dans
les Dioskurides de
Vienne
Ce précieux manuscrit en majuscules bibliques fut rédigé
en 512. Il est dédié à la
princesse Juliana Anikia. Il contient 383 descriptions et reproductions
de plantes
médicinales, de minéraux et d‘animaux qui ont été
repris en grande partie de l‘ouvrage
de référence « De materia medica » du médecin
Dioskurides Pedanios (1er siècle après
J.C). Les plantes suivent une classification alphabétique, nombre
d‘entre elles étaient
recommandées pour les affections oculaires. L‘adonis calme
les inflammations
oculaires, l‘arum chasse l‘assombrissement de la pupille ;
la sève du glaucium guérit
les douleurs oculaires ; le céleri agit contre les inflammations
oculaires ; la laitue
sauvage chasse les douleurs et enlève les taies cornéennes
; la fumerette permet une
bonne vision et fait larmoyer; la sève de la petite centaurée
mélangée au miel éclaircit la
pupille ; le haricot grec sert pour guerir les yeux rouges, les staphylomes,
l‘exophtalmie
et l‘údème (Basedow) ; le safran guérit la
conjonctivite ; le lotus chasse le brouillard et
les taches devant les yeux ; le pavot guérit les inflammations
oculaires ; l‘herbe crétoise
mélangé à de l‘orge est utilisé en compresses
contre les inflammations oculaires ; le
tamaris est astringent et est ajouté aux médicaments ; l‘ail
agit dans les hémorragies
sous-conjonctivales ; le petite sauge chasse les cicatrices de la cornée
; la rue agit
contre la mauvaise vue ; la décoction de feuilles de rosier calme
les douleurs oculaires ;
les feuilles de la cladonie servent de compresses en cas d‘inflammations
oculaires ; les
feuilles de la molène sont utilisables contre les inflammations
; les lentilles mélangées
au trèfle et à l‘huile de rose guérissent les
inflammations oculaires ; la sève de
chélidoine bouillie avec du miel améliore la vision; les
figues fourrées de miel sont
utilisables contre la mauvaise vue, les hémorragies sous-conjonctivales
et les taies
cornéennes.
Prof. F. Daxecker, Univ.-Augenklinik, Anichstraße 35, A-6020 Innsbruck
retour
Gregor Wollensak (Berlin):
La bienheureuse Ilga von Schwarzenberg
De nombreux malades invoquent encore de nos jours les saints protecteurs
pour les
yeux, tels sainte Odile en Alsace, sainte Lucie en Italie et sainte Paraskevi
en Grèce.
La bienheureuse Ilga de Schwarzenberg, dans la région du Bregenzerwald,
est moins
connue, quoique vénérée encore de nos jours comme
la sainte guérisseuse des
maladies oculaires. Selon la légende elle est issue de la famille
du comte de Bregenz
et était la súur du bienheureux Merboth d' Alberschwende
et du bienheureux Diedo
d'AndeIsbuch.
À leur exemple, elle quittait la maison des parents, pour se dédier
à une vie
contemplative dans la forêt du Bregenzenwald. Elle prit congé
de ses frères Merboth et
Diedo sur la hauteur du col de Lorena en un endroit où jaillit
de la roche dure une
fontaine, qui ne gèle jamais, même pendant les hivers les
plus rigoureux.
Ilga puisa l‘eau de cette source, la porta dans son tablier jusqu‘à
sa hutte d‘ermite
distante une demi-heure de marche de Schwarzenberg. En cet endroit, elle
répandit un
peu d‘eau et aussitôt jaillit en cet endroit une source qui
porte encore le nom de
« Ilgaquelle » (source d‘Ilga). Elle est fréquentée
par les malades atteints d‘affections
oculaires au même titre que la source près du sanctuaire
de son frère Merboth à
Alberschwende. Elle mourut en 1115 dans son ermitage. Ses ossements sont
conservés comme reliques dans l'église paroissiale de Schwarzenberg.
Priv. Doz. Dr. G. Wollensak, Wildentensteig , D-14195 Berlin
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Christa Habrich (Ingolstadt):
Léonard Fuchs ( 1501–1566) et les maladies oculaires
Leonhard Fuchs, un savant humaniste, fait partie des « pères
de la botanique » qui
fondèrent cette science grâce à leurs livres de plantes
médicinales. Professeur de
médecine aux Universités d‘Ingolstadt et de Tübingen,
il s‘intéressait à l‘anatomie, à la
thérapeutique, à la botanique et à la chirurgie,
en essayant de supprimer les influences
arabes en faveur d‘une médecine réformée d‘orientation
hippocratique et galénique. La
« Tabula oculorum morbos comprehendens », qu‘il a probablement
fait imprimer pour
ses étudiants en 1538 compte parmi ses premières úuvres.
Une année plus tard son
traité parut à Strasbourg en langue allemande sous le titre
: « Alle Krankheiten der
Augen durch den Hochgelehrten Doctor Leonhart Fuchsen zu Onoltzbach
zusammengezogen allen augen artzten hochnötig zu wissen“. Cet
ouvrage a
probablement été publié par l‘imprimeur Heinrich
Vogtherr, sans l‘autorisation de Fuchs
qui semblait en ignorer l‘existence. La comparaison entre les versions
latine et
allemande montre que cette dernière est une compilation de la «
Tabula ». Outre les
écrits sur les maladies oculaires, sont également mentionnés
les médicaments
recommandés par Fuchs contre les maladies oculaires qui sont décrits
dans « Historia
stirpium » (1542).
Prof. Dr. Dr. Ch. Habrich, Deutsches Medizinhistorisches Museum,
Anatomiestraße 18, D-85049 Ingolstadt
retour
Robert F. Heitz (Strasbourg):
Les derniers voyages de Jacques Daviel
À la fin de l‘année 1761, Jacques Daviel (1693-1762)
éprouvait un embarras de la langue
qui gênait son élocution. Après l‘hiver, la
situation s‘était aggravée à tel point qu‘en
avril
1762, il fut obligé de confier la lecture de son mémoire
à l‘Académie Royale de
Chirurgie à son ami Morand. Appelé en septembre dans la
région de Lyon, il décida de
consulter à Genève son ami le Dr. Théodore Tronchin.
Epuisé, à peine capable de se
mouvoir, il atteint Genève et s‘installa à l‘Hôtel
des Balances de la place Bel-Air où il
expire le 30 septembre 1762, à l‘âge de 69 ans. À
l‘initiative du comte de Montpéraux,
représentant du Roi de France à Genève, son corps
fut transporté au Grand-Saconnex,
commune rattachée à la France, pour y être inhumé
en terre catholique le 1er octobre
1762 dans l‘enclos de l‘église Saint-Hippolyte.
En 1884, la Professeur Georg Haltenhoff et la Société Suisse
d‘Ophtalmologie prirent
l‘initiative d‘y sceller une stèle à la mémoire
de Daviel. Le monument fut dessiné par
l‘architecte Emile Reverdin et le médaillon sculpté
par Hugues Bovy. L‘inauguration de
cette stèle, offerte à la Commune du Grand-Saconnex eut
lieu le 8 octobre 1885. Après
plus d‘un siècle, la stèle nécessita une restauration
qui fut réalisée par l‘association
« La Mémoire du Grand-Saconnex », avec la contribution
financière de la Société
Francophone d‘Histoire de l‘Ophtalmologie et de la Julius-Hirschberg
Gesellschaft zur
Augenheilkunde. La stèle restaurée fut dévoilée
le 18 octobre 2002 en présence des
autorités cantonales et locales et des représentants de
sociétés donatrices.
Dr. med. Dr. phil. R. Heitz, 23 A rue Trubner, F-67000 Strasbourg
retour
Edouard Mawas (Chatou)
25 Siècles d‘opération de la cataracte
par dépression (ou par réclinaison)
L‘opération de la cataracte par dépression (ou par
réclinaison) a duré environ 25
siècles. Essai d‘explication pour une telle longévité
de Susruta à Desmarres-Dupuytren
(1828) et sa survivance environ un siècle après Daviel.
Dr. med. E. Mawas, 8 Avenue du Parc, F 78400 Chatou
retour
Jacques P. Chevaleraud (Paris):
D’île en île, Francesco Antommarchi (1789-1838),
généraliste à Sainte-Hélène et
oculiste aux Amériques
L‘assistance médicale
de Napoléon Bonaparte à Sainte Hélène fut
difficile. Le docteur
Pierre Maingault, choisi par Corvisart refusa de le suivre en exil.
L‘Irlandais 0‘Meara dut,
à la demande du Gouverneur Hudson Lowe, abandonner son malade
et rejoindre
l‘Angleterre. Le docteur Fourau de Beauregard, qui avait été
le médecin de l‘île d‘Elbe,
fut demandé par le prisonnier.
Le médecin corse Francesco Antommarchi lui fut préféré
par Madame Mère et le
Cardinal Fesch, malgré des renseignements qui ne plaidaient pas
en sa faveur. Il soigna
Napoléon à partir de septembre 1819, y réalisa
son autopsie. Il n‘eut pas le beau rôle
dans l‘histoire du masque mortuaire, réalisé par
Buron.
De retour en Europe, il tenta de s‘installer à Paris. Il
publia en 1825, un mémorial qui
contient de nombreuses erreurs. Il fut aux côtés des Polonais
en 1830. En 1836, il part
pour l‘Amérique et exerce l‘ophtalmologie à
La Nouvelle-Orléans au Mexique et à Cuba.
Il mourut de la fièvre jaune à Santiago de Cuba, au début
du mois d‘avril 1838.
Prof. Dr. J. P.Chevaleraud, 25 rue Thiboumery, F-75015 Paris
retour
Denis Durand de Bousingen (Strasbourg):
Les itinéraires européens
de Victor Stoeber (1803-1871)
Praticien renommé, créateur de la première chaire
universitaire d‘ophtalmologie en
France et pionnier de la santé publique en Alsace, le Strasbourgeois
Victor Stoeber fut
aussi un grand voyageur doublé d‘un journaliste de talent
: les nombreux articles qu‘il
rédigea au fil de ses déplacements retracent avec précision
l‘évolution de
l‘ophtalmologie et son exercice dans plusieurs pays européens.
A l‘issue de ses études, Stoeber décida en 1826 de
parfaire sa formation en visitant les
principaux centres médicaux européens. Il prend conscience,
à Londres, du retard
accusé par la France dans le domaine de l‘ophtalmologie,
puis passe quelques mois
chez Von Graefe à Berlin puis chez Jaeger et Rosas à Vienne.
L‘expérience acquise au
contact de ces maîtres le poussera à créer un service
d‘ophtalmologie moderne à
l‘hôpital, et à promouvoir un véritable enseignement
de cette discipline.
Nommé professeur en 1845, Stoeber fait partie des principales sociétés
scientifiques
européennes, et participe régulièrement aux réunions
des Naturalistes et Médecins
Allemands, puis aux Congrès Internationaux d‘Ophtalmologie.
Il publie de nombreux
articles où il décrit les institutions médicales
et ophtalmologiques des pays voisins,
surtout en Allemagne et dans l‘Empire Austro-hongrois, mais aussi
en Belgique, en
Angleterre et en Italie.
Par ses travaux et ses voyages, Stoeber cherche à jeter des ponts
entre
l‘ophtalmologie française et allemande de son époque.
Son admiration pour la science
allemande n‘enlève rien à son attachement profond
pour sa patrie française. Le
bombardement de Strasbourg, en 1870, puis l‘annexion de l‘Alsace
à l‘Empire donnent
à ses ultimes écrits un ton violemment anti-allemand, tandis
qu‘il réaffirme, à la veille de
sa mort, sa fidélité à la France.
D. Durand de Bousingen, 5, rue Saint Ignace F 67100 Strasbourg
retour
Hans Remky (München):
Tyndall
Le Tyndall est bien connu en ophtalmologie, mais à peine l‘homme
dont le nom est lié à
l‘effet optique en question.
John Tyndall, physicien irlandais (1820-1893) fit ses études à
Marburg et à Berlin. Il
était lié d‘amitié à son ancien maître
Bunsen et plus tard à Hermann et Anna Helmholtz
ainsi qu‘à d‘autres physiciens et physiologistes allemands.
On lui doit d‘importantes
contributions à la connaissance de la chaleur, du son, de la lumière,
de l‘électricité et
du diamagnétisme. Tyndall était un alpiniste chevronné
et publia sur la glaciologie. Il
publia également sur la théorie des couleurs de Goethe et
même sur la tuberculose. En
1867, il succéda à Faraday au Royal Institut of London qu‘il
dirigea jusqu‘en 1887.
L‘histoire de l‘effet Tyndall débuta par la question
du pourquoi de la couleur bleue du
ciel. En tant qu‘alpiniste, il était intéressé
par les observations météorologiques dans
les Alpes. Une contribution à l‘explication avait été
donnée avant lui par Brewster et
Stokes, peu après lui Rayleigh a formulé les conditions
de l‘apparition de l‘effet Tyndall.
Prof. Dr. H. Remky, Arabellastraße 5, D-81925 München
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Hans Schadewaldt (Düsseldorf)
Morgagni et l’ophtalmologie
Giovanni Battista Morgagni, professeur d‘anatomie de l‘Université
de Padoue est
reconnu comme le fondateur de l‘anatomie pathologique grâce
à son traité « De cedibus
et causis morborum » (1761). De même que Virschow, Morgagni
a également exercé la
médecine. Depuis sa thèse en 1949 sur les maladies de la
femme chez Morgagni qui
fut également traduite en italien, l‘auteur de la communication
s‘est intéressé jusqu‘à ce
jour aux écrits et aux croquis de Morgagni. Outre la cataracte
morgagnienne, analysée
par Remky, l‘auteur explicite les rapports cliniques sur certaines
maladies oculaires
chez Morgagni tels qu‘elles ont été avancés
en 1998 par Luigi Cardia et Alfonso
Montepara.
Prof. Dr. H. Schadewaldt, Inst. für Geschichte der Medizin, Moorenstr.
5, D-40225
Düsseldorf
retour
Hans-Felix Piper (Lübeck)
Un extrait de 150 années de controverses entre strabologues
Une sélection des controverses entre strabologues. (Gelehrtenstreit
unter Sinnesund
Schielforschern: Eine Auswahl aus den letzten eineinhalb Jahrhunderten)
Pour appuyer leurs idées, les physiologistes des sens se réfèrent
à leurs essais, les
ophtalmologistes à leurs observations de l‘úil. Les
deux empruntent parfois des voies
différentes pour leur interprétation des rapports complexes.
Ainsi Hering et Fick se sont
contredits en 1898 sur la question de la fatigabilité de la rétine.
La dispute entre Ohm et
Bartels a débuté en 1920 et s‘étendit sur plus
de 30 années. La forme primitive du
nystagmus est elle une oscillation ou un mouvement pendulaire sinusoïde
? Le
théoricien du strabisme Weckert se vit opposer en 1939 deux grands
connaisseurs: le
clinicien expérimenté Harms et le rédacteur Jaensch
n‘ont pas approuvé la théorie de
Calcarina-Lippe. Grimm et Harms ne partageait pas la même opinion
sur la « guérison »
du strabisme (1941).
Il est rare que les contradicteurs aient trouvé un terrain d‘entente;
il existe un exemple
qui pourrait servir de leçon: en 1961 le président de la
Deutsche Ophthalmologische
Gesellschaft fit procéder à un vote durant la séance
pour déterminer si la fixation
excentrique serait à distinguer de la position excentrique (Mackensen)
ou non (Opel) –
Le temps faisant son úuvre donne finalement raison à la
réalité.
Prof. H.-F. Piper, Im Brandenbaumer Feld 32, D-23564 Lübeck
retour
Manfred Jähne (Aue)
La contribution des médecins
saxons à l’anatomie et à la thérapeutique des
affections des voies lacrymales excrétrices
Selon Hirschberg, les affections des voies lacrymales excrétrices
étaient connues des
chirurgiens des temps anciens. Cette communication se destine à
relever les
contribution des chirurgiens, des ophtalmologistes et des anatomistes
de Saxonie.
Dans le « Augendienst » (1583) Georg Bartisch (1535-1607)
décrit 29 recettes contre le
larmoiement. Une première place parmi les travaux sur l‘anatomie
de l‘appareil lacrymal
et des paupières est occupée par la dissertation (1797)
de Johann Christian
Rosenmüller (1771-1820) de Leipzig. Johann Zacharias Platner (1694-1747)
publia à
Leipzig la première extirpation du sac lacrymal dans la dacryocystite
dans « De fistula
lacrimali » (1724). Karl Heinrich Weller (1794-1854) de Dresde perfectionna
le sondage
par un fil d‘acier en cas de sténose des voies en utilisant
des cordes de piano de divers
calibre. Christian Theodor Ruete (1810-1867) s‘intéressa
spécialement au traitement
opératoire des fistules lacrymales et aux maladies des «
tuyaux lacrymaux ». Il
pratiqua le sondage du canal lacrymo-nasal par voie basse. La communication
montrera
l‘influence exercée par ces médecins sur les traitements
de l‘époque et leur incidence
européenne.
Dr. med. habil M. Jähne, Semmelweis-Siedlung 8, D-08301 Schlema
retour
Frank Krogmann (Thüngersheim)
Würzburg, le berceau de l’histologie normale et pathologique
de l’œil
Julius Hirschberg a désigné l‘Ecole de Würzburg
comme le berceau de l‘histologie
normale et pathologique de l‘úil. Albrecht von Graefe relève
essentiellement le travail
pionnier de Heinrich Müller (1820-1864). L‘exposé donne
un aperçu des acquisitions
depuis cette époque jusqu‘au début du 20e siècle,
en tenant particulièrement compte
de Heinrich Müller et des autres scientifiques de Würzburg.
F. Krogmann, Kirchgasse 6, D-97291 Thüngersheim
retour
Jutta Herde (Halle)
Le 170e anniversaire d’Edwin Theodor Sämisch (1833-1909)
Le 170e anniversaire d‘Edwin Theodor Sämisch, le 30.9.2003
est l‘occasion de rappeler
l‘édition du premier des 7 volumes du « Handbuch für
Ophthalmologie » (1874-1880) par
Graefe-Sämisch. Cet ouvrage était à l‘époque
le premier traité de cette ampleur et fut
également un défi relevé par les ophtalmologistes
anglais et français qui publièrent des
traités ophtalmologiques similaires.
Après ses études secondaires au gymnase de sa ville natale
Luckau/Niederlausitz,
Sämisch étudia la médecine à Berlin. Il séjourna
en 1858/59 chez A. von Graefe, puis
chez Pagenstecher à Wiesbaden. Dans un journal de Würzburg
il publia avec son
maître les résultats de ses analyses scientifiques basées
sur un important matériel
clinique. Sämich compléta sa formation de l‘anatomie
de l‘organe visuel chez Heinrich
Müller à Würzburg. À partir de 1862, Th. Sämisch
exerça à Bonn qu‘il ne quitta plus,
excepté quelques escapades aux congrès et à sa ville
natale. Il ouvrit en 1863 une
clinique privée qui devint en 1873 la clinique universitaire dont
la direction lui fut confiée.
Même s‘il n‘a pas pu réaliser lui-même
la construction d‘une nouvelle Clinique
universitaire, il assista en 1903 à l‘inauguration du bâtiment
réalisé selon son projet. En
1874/75 et en 1780/81 il assuma la charge de doyen et en 1892/93 celle
de recteur de
l‘Université. Outre ses activités cliniques et opératoires
il assura un enseignement
exemplaire. Sa proposition à A. von Graefe de fonder une revue
d‘ophtalmologie qui
tiendrait compte de tous les travaux en ophtalmologie fut réalisée
par Zehender. Lors de
la rédaction de la seconde édition du Handbuch qui atteignait
maintenant 14 volumes, il
succomba en 1898 à une crise cardiaque. Il montrait un intérêt
particulier pour les
maladies de la conjonctive, de la sclère et de la cornée.
Avec leur magistral traité, les
deux amis Graefe et Sämisch ont tracé la voie d‘une
ophtalmologie européenne.
Prof. Dr. J. Herde, Augenklinik der Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg,
Magdeburger Straße 8, D-06112 Halle
retour
Danny H.-K. Jokl (New York)
Hermann Ludwig Cohn (1838-1906)
Après ses études en physique et chimie chez Kirchhoff, Bunsen
et Helmholtz,
sanctionnées par un doctorat, puis en médecine à
Breslau, Hermann Ludwig Cohn
étudia l‘ophtalmologie chez Foerster et se consacra à
son chef d‘úuvre et thème
préféré : il effectue une statistique de 10 000 yeux
des enfants de Breslau et démontre
que la cause de la myopie progressive serait à trouver dans les
bâtiments scolaires mal
éclairés et mal construits.
Méprisé par ses confrères et par les burocrates,
Cohn défendit ses idées dans plus de
300 publications. Il réussit à imposer progressivement ses
idées et fut même décoré
par l‘empereur et sa ville. Ses thèses ont été
confirmées par les recherches modernes.
D. Hirsch-Kauffman Jokl M.D., Clinical Professor of Ophthalmology, New
York Medical
College
retour
Peter Kober (Schwelm)
Dr Ludwig Lazarus Zamenhof – un ophtalmologiste dangereux
Ludwig Lazarus Zamenhof naquit le 15 décembre 1859 à Bialystok,
une petite ville dans
la partie orientale de la Pologne, à l‘époque annexé
à l‘Empire russe. Son père, Marcus
Zamenhof y était professeur de langue allemande et française.
La multiplicité des langues parlées dans sa ville natale
(russe, polonais, allemand,
biélorusse, yiddish et hébreux) et l‘hostilité
entre les diverses communautés
linguistiques d‘une même ville et en général
des populations lui donnèrent l‘idée dès
son âge scolaire, de créer une langue universelle. Cette
langue devrait être facile à
apprendre, être composée d‘éléments des
langues les plus courantes, posséder une
grammaire simple et devrait ainsi permettre aux peuples de trouver plus
facilement la
voie de la compréhension et de la réconciliation.
Zamenhof étudia la médecine à Moscou et à
Varsovie, s‘installa brièvement comme
médecin de campagne dans un petit village de Lituanie, puis s‘orienta
vers
l‘ophtalmologie, qu‘il étudia d‘abord à
l‘Hôpital Juif de Varsovie, puis en 1886 à Vienne.
Il exerça – souvent dans des conditions misérables-
en divers lieux de l‘Empire Russe,
puis jusqu‘à la fin de ses jours en 1917 à Varsovie.
Son activité médicale était accessoire, car il consacra
toute son énergie à son idée
d‘une « Linguo Internacia », de l‘esperanto, un
terme qu‘il avait choisi comme
pseudonyme pour ses premières publications. Sa « langue secrète
» était plus que
suspecte au gouvernement du Tsar. Mais même en-dehors de l‘Empire,
les
espérantistes ne rencontrèrent pas que des sympathies et
des adhérents, entre autres
Emile Javal, mais également une grande méfiance en ces périodes
de nationalisme
exaspéré.
Ainsi Zamenhof devint pour les uns un porteur d‘espoir d‘une
compréhension réciproque
entre les peuples et les nations, pour d‘autres un « ophtalmologiste
dangereux », un
internationaliste, un conspirateur et le fossoyeur des identités
nationales.
Deux astéroïdes satellites solaires portent actuellement le
patronyme de ce bienfaiteur
de l‘humanité Zamenhof et de « son » espéranto.
Dr. med. P. Kober, Kirchstr. 2, D-58332 Schwelm
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Gerhard Holland (Kiel)
L’ophtalmologiste et historien de la médecine
Albert Esser
Albert Esser (1885-1972) naquit à Düsseldorf. Après
des études secondaires au
Gymnase royal et humaniste de cette ville, il fit un semestre d‘études
juridiques puis
étudia la médecine à Bonn, Berlin, Münich, Freiburg
et Heidelberg où il passa son
examen d‘Etat et la même année son doctorat. Il se
perfectionna en ophtalmologie à
Düsseldorf chez Rieke et chez Krauss. Après la guerre 1914-18
durant laquelle il fut
médecin militaire, il s‘établit comme ophtalmologiste
à Düsseldorf, se maria avec
l‘ophtalmologiste Hella Rieth avec laquelle il ouvrit une consultation
commune. De 1926
à 1930 tout en poursuivant sa pratique médicale, Esser étudia
le sanscrit à Bonn et à
Köln. En 1930, il soutint son Dr. Phil sous le thème «
L‘ophtalmologie du
Bhavaprakasa ». En 1940 il devint professeur à la faculté
de médecine de Heidelberg.
En 1946 Esser fut nommé professeur honoraire de l‘Académie
de médecine de
Düsseldorf et y enseigna l‘histoire de la médecine jusqu‘en
1961. En 1953 il devint
membre de l‘Académie allemande des Sciences Leopoldina, en
1959 membre
d‘honneur de la Société allemande d‘ophtalmologie.
Esser rédigea environ 150 travaux scientifiques, de contenu philosophique,
de médecine
générale et d‘ophtalmologie. À partir de 1926
il publia presque exclusivement des
travaux d‘histoire de la médecine avec une prédominance
de thèmes ophtalmologiques.
Il s‘intéressa spécialement à l‘ophtalmologie
dans la médecine sanscrite et dans
l‘Antiquité. Esser rédigea trois importantes monographies:
1. Le point de vue biologique
et médical de César et des empereurs julio-claudiques ;
2. La cécité dans l‘Antiquité; 3.
L‘histoire de la Société allemande d‘ophtalmologie.
Avec Julius Hirschberg et Hugo
Magnus, Albert Esser est le troisième grand historien allemand
de l‘ophtalmologie. En
annexe l‘auteur recense l‘ensemble des travaux historiques
en rapport avec
l‘ophtalmologie publiés par Esser
Prof. G. Holland, Esmarchstraße 51, D-42105 Kiel
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Gottfried Vesper (Leipzig)
La maladie oculaire de Claude Monet
Claude Monet (1840 - 1926) est 1'un des représentants le plus connu
de
1'impressionnisme. En 1912, lui fut diagnostiquée une cataracte
bilatérale. Les
problèmes de la vue s‘accentuaient à fur et à
mesure de la progression de l‘opacité
cristallinienne. En 1923, l‘úil droit fut opéré.
Après cette intervention chirurgicale, Monet
souffrait de troubles de la perception de couleurs.
MR Dr. G. Vesper, Harnackstraße 9, D-04317 Leipzig
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Dieter Schmidt (Freiburg)
L’œuvre scientifique de Rolf Schmidt (1906-1982)
Après son baccalauréat, passé dans sa ville natale
de Eilenburg, Rolf Schmidt fit des
études de médecine à Jena, Göttingen et Innsbruck.
Il réussit son examen d´Etat en
Médecine à Jena en 1931 et reçut l´autorisation
d´exercer en 1932. Après sa thèse qu´il
soutint à Jena en 1932, il devint Assistant d´ophtalmologie
a l´Hôpital Universitaire de
Freiburg en Brisgau chez l´ophtalmologue réputé Walter
Löhlein.
Ensuite il devint chef de service de la Clinique ophtalmologique sous
la direction du
professeur Wilhelm Wegner. En 1936, après la publication de ses
travaux sur l‘herpès
cornéne il fut nommé professeur hospitalier et en novembre
1941 professeur
universitaire. Pendant la seconde guerre mondiale, il fut chef des services
d‘ophtalmologie d‘hôpitaux militaires en Russie et en
France. Après la guerre, il devint
médecin-chef des services d‘ophtalmologie aux hôpitaux
de Kirn/Nahe et de Bad
Kreuznach, où il exerça jusqu´en 1981.
On doit mettre à son actif les critiques qu´il fit, dans
ses publications, sur les
conceptions et pratiques de l´époque concernant les maladies
ophtalmologiques
héréditaires. Il s´opposa d´une façon
stricte à l´opinion des ophtalmologues réputés
du
début des années 40 qui voulaient stériliser les
patients souffrant de cataracte ou de
glaucome congénitaux. Il combattait cette opinion de ses confrères
et avançait que l´on
ne devait pas stériliser dans toutes les maladies des yeux. Son
action n‘allait pas
uniquement contre les opinions de ses collègues, elle s‘opposait
également aux lois
d‘eugénique en vigueur en Allemagne. Ses nombreuses publications
- au total plus
d´une cinquantaine - comportaient des ouvrages originaux ainsi que
des conférences.
Elles traitent surtout des maladies de la cornée et de la rétine
(décollement de la rétine,
des troubles de la circulation sanguine, des maladies tuberculeuses),
des lésions du
nerf optique, de l´analyse spectrale pour la recherche des métaux
intraoculaires, de la
lecture verticale, des affections toxiques de l´úil, des
blessures oculaires, des
problèmes des aveugles et de l´expertise des automobilistes
et des motocyclistes. Sa
publication encore actuellement la plus citée est celle qui mentionne
pour la première
fois la relation de l´opacité héréditaire de
la cornée avec certaines lésions articulaires. Il
évoqua également pour la première fois l´hérédité
autosomique dominante du syndrome
d´«Axenfeld-Rieger».
Ses travaux sur la kératite superficielle herpétique dendritique
ont une grande valeur. Il
compléta la description du dermatologue Behcet par les observations
ophtalmologiques
de l´iritis récidivant à hypopyon. Ces publications
(1937, 1940) étaient essentielles, car
elles complétaient les symptômes de ce qui fut appelée
plus tard « maladie de
Behçet » par leurs les signes ophtalmologiques. D´autres
publications concernant des
maladies de l´úil, par exemple des atteintes rares dues à
la compression du nerf
optique (1953), sont encore considérées de nos jours comme
primordiales dans le
diagnostic différentiel des maladies du nerf optique.
Prof. D. Schmidt, Univ.-Augenklinik, Kilianstraße 5, D-79106 Freiburg
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Frank Wilhelm (Halle/Saale)
L’histoire de la conservation des greffons cornéens
De nos jours, il est presque devenu évident
qu‘en cas de besoin d‘une greffe cornéenne,
on fasse appel à des greffons provenant de donneurs. Les problèmes
des débuts de
cette technique sont presque oubliés, quoique nous disposions
encore d‘un nombre
insuffisant de greffons.
Le problème de la disponibilité de greffons de donneur
se pose depuis qu‘Eduard Zinn
pratiqua avec succès en 1906 la première greffe d‘une
cornée humaine. Zirn avait utilisé
la cornée d‘un donneur vivant. Filatov utilisa en premier
pour la transplantation, la cornée
de sujets décédés. Il fut également le premier
qui conservait les globes dans une
chambre humide, de ce fait la transplantation n‘était plus
une intervention d‘urgence.
Les globes des donneurs étaient conservés au frais dans
un réfrigérateur. En 1944,
T.Paton créa aux Etats-Unis la première Banque des Yeux.
De ce fait, l‘opération de la kératoplastie connut
rapidement un grand succès, par
exemple par Castroviejo en Amérique et par Löhlein en Allemagne.
L‘élève de Löhlein,
Günther débuta en 1958 à Greifswald, après
une période d‘études biomicroscopiques
approfondies de l‘úil du donneur, pour conserver des cornées
isolées dans des milieux
liquides –initialement le sérum du patient. McCarey et
Kaufman introduirent en 1974 un
milieu qui fut reconnu comme le milieu de conservation de cornée
le plus sûr même audelà
de 84 heures. À cet effet, le disque cornéen est introduit
à +4°C dans le milieu de
culture cellulaire, connu comme « Milieu MK », constitué
de dextran et d‘antibiotiques.
Tous les milieux actuels de conservation des greffons sont des dérivés
de ce mileur.
Summerlin publia en 1973 un procédé de conservation du
greffon dans des conditions
physiologiques en utilisant un milieu de culture d‘organe. Ainsi
fut mise au point une
méthode de conservation des greffons jusqu‘à 35
jours, malheureusement très
dispendieuse. Aux Etats-Unis est utilisée la méthode de
Doughman, en Europe celle de
Sperling. La technique de culture d‘organes se répandit
en Europe grâce à l‘ouverture
d‘une banque des yeux par Pels et Schuchard à Amsterdam.
Böhnke utilisa ce procédé
en 1981 à Hambourg. Puis suivirent les banques autrichiennes
(Grabner à Vienne) et
suisse (Schimmelpfennig à Zürich). Suivirent Aachen (1989),
Kiel (1991), Greifswald
(1992). En 1995 fut fondé l‘ „Arbeitsgemeinschaft
Deutscher Hornhautbanken“
(fédération des banques des yeux d‘Allemagne). En
1997 après le vote de la loi sur les
transplantation, fut créé une base légale pour
les prélèvement des greffons cornéens.
Prof. Dr. F. Wilhelm, Augenklinik der Martin-Luther-Universität
Halle-Wittenberg,
Magdeburger Straße 8, D--06097 Halle
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Martin Wenzel und S. Langefeld (Trier)
La chirurgie moderne de la cataracte. Depuis la France par l’Autriche
vers le
Monde entier
Jusqu‘à la seconde moitié
du XVIIIe siècle, la France était sans conteste le centre
de
l‘ophtalmologie moderne. Lorsque l‘impératrice d‘Autriche,
Maria Theresia fut atteinte
d‘un blépharochalasis (ptosis ?) elle ne fit pas confiance
aux ophtalmologistes viennois,
mais sur recommandation de van Swieten, elle fit venir le chirurgien
germanophone
établi à Paris, J.Wenzel. Pour ne pas divulguer sa maladie,
l‘invitation fut faite sous
prétexte d‘opérer la cataracte d‘une amie.
Seuls les comptes-rendus opératoires de von
Wenzel nous mettent au courant du traitement de l‘impératrice.
Maria Theresa fut tellement impressionnée par le résultat
opératoire, qu‘elle s‘investit
personnellement dans la formation chirurgicale des médecins viennois
par J.Wenzel.
Après quelques années J.Barth acquit une formation chirurgicale
suffisante, avec
l‘asssitance du jeune G.J.Beer. Par la suite Barth refusa de former
d‘autres collègues et
ce n‘est que de nombreuses années plus tard que G.J.Beer,
autodidacte se basant sur
ses observations de jeunesse, osa l‘opération de la cataracte
puis peu à peu obtint un
succès. Contrairement à ses contemporains, il proposa
un enseignement aux étudiants
de médecine et forma de nombreux opérateurs. La Faculté
de Médecine lui confia,
finalement et après de nombreuses querelles, la première
chaire d‘ophtalmologie. Ceci
devint le germe de l‘ophtalmologie universitaire en Europe centrale.
Même A. von
Graefe, qui fut acquis à l‘ophtalmologie par F. Arlt, un
disciple de Beer, relevait l‘intérêt
des compte-rendus opératoires de von Wenzel pour ses activités
opératoires courantes.
Prof. Dr. M. Wenzel, Augenabt. des Krankenhauses der Barmherzigen Brüder,
Nordallee 1, D-54292 Trier
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