Réunion conjointe de la Société Francophone d’Histoire de l’Ophtalmologie et de la Julius-Hirschberg-Gesellschaft à Luxembourg octobre 2–5, 2003

Résumes

par l’ordre des communications



Jacques Voinot (Chaponost):
Le cachet à collyres découvert à Dalheim (Grand Duché de Luxembourg)

L'inventaire que j'ai dressé de ces cachets date de 1999, il en recense 314. La
dénomination "cachets à collyres" est meilleure que celle utilisée auparavant (cachets
d'oculistes), elle correspond mieux à l'emploi de ces objets.
Le cachet de Dalheim a été découvert en 1855, il porte le numéro 108 dans mon
inventaire. Il est conserve au Musée d'Histoire et d'Art de Luxembourg. C'est une pierre
irrégulière et seul un côté porte une gravure parfaitement lisible, l'autre côté a été abîmé
ou effacé en partie.

Dr. J. Voinot, 4 rue Ferroussat, F-69630 Chaponost


retour



Aloys Henning (Berlin):
L’abstraction astronomique de l’Homo erectus bilzingslebenensis il y 370 000
ans


Lors de ses précédents exposés à la 15e réunion de la Julius-Hirschberg-Gesellschaft,
en 2001 à Hambourg et lors de l‘inauguration de la section du Musée d‘Histoire de la
Médecine de Berlin hébergeant la succession Albrecht von Graefe, l‘auteur avait fait
allusion à la sémiotique lunaire universelle de l‘úil, en se référant au calendrier lunaire
de vingt-huit jours gravé par l‘homme paléolithique de type non-sapiens, vivant il y a 370
000 années en Thuringie.
La disposition des rayures se redressant successivement à la verticale, puis
redescendant probablement selon la croissance puis la décroissance du disque lunaire,
donnent une indication étonnante sur les capacités intellectuelles de cet hominidé qui
est considéré comme étant le premier homme de notre histoire culturelle (Mania 1998).
Les efforts de l‘homo erectus paléolithique pour appréhender la stabilisation de sa
situation écologique grâce aux observations d‘un calendrier lunaire, constitue une étape
essentielle dans l‘évolution de la connotation lunaire de l‘úil.

Dr. med. A. Henning, Spandauer Straße 104 K, D-13591-Berlin

retour



Gerhard Keerl (Düsseldorf):
Le livre de Tobie – une histoire apocryphe sur la cécité et sa guérison

La cécité puis la guérison de Tobie constituent le thème central du livre de Tobie. En
même temps que d‘autres chapitres de l‘époque préchrétienne, le Concile de Trente
(1546) l‘a déclaré en tant qu‘apocryphe de la Bible de l‘Eglise catholique. Les écrits du
Canon ont un caractère de révélation pour le croyant. La valeur spirituelle des
apocryphes reste contestée malgré leur étude depuis plus de deux mille années.
L‘Ancien Testament hébraïque ne les contient pas. Jusqu‘à peu, l‘Eglise Réformée a
contesté violemment leur classement et a même revendiqué leur élimination.
Heureusement le Réformateur Luther a trouvé un compromis. Il ne les juge pas dignes
du Canon, mais les a gardés en annexe de l‘Ancien Testament. Ainsi Tobie est resté
dans la Bible de Luther (depuis 1534), et ceci dans la traduction du texte primitif grec.
Il est intéressant de relever qu‘en dehors de tous les arguments théologiques, l‘intérêt
de Luther pour ce passage eut des suites intéressantes. Du fait d‘une erreur provenant
de la traduction grecque et du fait de ses connaissances insuffisantes de l‘anatomie
oculaire, il s‘en suivit une erreur de diagnostic concernant la cause de la cécité.
L‘opacité cornéenne fut interprétée comme étant une opacité cristallinienne. Cette
erreur servit un siècle plus tard à Rembrandt pour ses croquis et peintures. Grâce à ses
rapports privilégiés avec la corporation des chirurgiens d‘Amsterdam et ignorant l‘erreur
de Luther il a pu nous transmettre un témoignage de la technique de l‘opération de la
cataracte de son temps.

Dr. med. G. Keerl, Droste-Hülshoffstraße 2, D-40474 Düsseldorf

retour



André Bouzas (Athènes):
Alcméon de Crotone, un médecin renommé de l’époque pré-hippocratique

À Crotone, en Italie du Sud, à l‘époque de la Grande-Grèce, fleurissait déjà une école
de Médecine à laquelle Alcméon, vers l‘an 500 avant J.C., a été qualifié. Il a été en
même temps disciple de Pythagore.
Alcméon a pratiqué des recherches scientifiques approfondies surtout en anatomie et
en embryologie. Il a disséqué de nombreux cadavres d‘animaux et même des animaux
vivants. Il a été le premier qui a émis la théorie selon laquelle l‘encéphale était le centre
des sens et le siège dominant de l‘âme et de l‘intelligence. Jusqu‘alors, et même plus
tard, pendant la période classique de la Grèce antique, on considérait le cúur comme le
centre qui dominait toutes les activités du corps humain.
Alcméon a particulièrement étudié les organes sensitifs, excepté le toucher. Il a fait
beaucoup pour l‘anatomie de l‘úil et il a même pratiqué l‘excision. Il s‘est demandé si
c‘état l‘úil qui voyait, s‘il reflétait les images, s‘il était actif ou passif. Enfin, il a décrit
l‘existence des nerfs optiques, leur consistance et leur connexion avec l‘encéphale. Il a
aussi décrit les nerfs qui relient les divers organes au cerveau, ainsi que les veines et
les artères. Il exposa une théorie du sommeil et de la mort.
Beaucoup de ses connaissances furent perdues par la suite. À cause de son
imposante personnalité scientifique, Alcméon a exercé une grande influence sur ses
disciples et ses successeurs. Par ses épigones, il a été considéré comme le premier
père de la Médecine mais aussi comme le premier anatomiste et embryologiste du
corps humain.

Prof. Dr. A. Bouzas, 59 rue Skouffa, GR-10672 Athènes

retour



Franz Daxecker (Innsbruck):
Les plantes médicinales pour maladies oculaires dans les Dioskurides de
Vienne

Ce précieux manuscrit en majuscules bibliques fut rédigé en 512. Il est dédié à la
princesse Juliana Anikia. Il contient 383 descriptions et reproductions de plantes
médicinales, de minéraux et d‘animaux qui ont été repris en grande partie de l‘ouvrage
de référence « De materia medica » du médecin Dioskurides Pedanios (1er siècle après
J.C). Les plantes suivent une classification alphabétique, nombre d‘entre elles étaient
recommandées pour les affections oculaires. L‘adonis calme les inflammations
oculaires, l‘arum chasse l‘assombrissement de la pupille ; la sève du glaucium guérit
les douleurs oculaires ; le céleri agit contre les inflammations oculaires ; la laitue
sauvage chasse les douleurs et enlève les taies cornéennes ; la fumerette permet une
bonne vision et fait larmoyer; la sève de la petite centaurée mélangée au miel éclaircit la
pupille ; le haricot grec sert pour guerir les yeux rouges, les staphylomes, l‘exophtalmie
et l‘údème (Basedow) ; le safran guérit la conjonctivite ; le lotus chasse le brouillard et
les taches devant les yeux ; le pavot guérit les inflammations oculaires ; l‘herbe crétoise
mélangé à de l‘orge est utilisé en compresses contre les inflammations oculaires ; le
tamaris est astringent et est ajouté aux médicaments ; l‘ail agit dans les hémorragies
sous-conjonctivales ; le petite sauge chasse les cicatrices de la cornée ; la rue agit
contre la mauvaise vue ; la décoction de feuilles de rosier calme les douleurs oculaires ;
les feuilles de la cladonie servent de compresses en cas d‘inflammations oculaires ; les
feuilles de la molène sont utilisables contre les inflammations ; les lentilles mélangées
au trèfle et à l‘huile de rose guérissent les inflammations oculaires ; la sève de
chélidoine bouillie avec du miel améliore la vision; les figues fourrées de miel sont
utilisables contre la mauvaise vue, les hémorragies sous-conjonctivales et les taies
cornéennes.

Prof. F. Daxecker, Univ.-Augenklinik, Anichstraße 35, A-6020 Innsbruck

retour



Gregor Wollensak (Berlin):
La bienheureuse Ilga von Schwarzenberg

De nombreux malades invoquent encore de nos jours les saints protecteurs pour les
yeux, tels sainte Odile en Alsace, sainte Lucie en Italie et sainte Paraskevi en Grèce.
La bienheureuse Ilga de Schwarzenberg, dans la région du Bregenzerwald, est moins
connue, quoique vénérée encore de nos jours comme la sainte guérisseuse des
maladies oculaires. Selon la légende elle est issue de la famille du comte de Bregenz
et était la súur du bienheureux Merboth d' Alberschwende et du bienheureux Diedo
d'AndeIsbuch.
À leur exemple, elle quittait la maison des parents, pour se dédier à une vie
contemplative dans la forêt du Bregenzenwald. Elle prit congé de ses frères Merboth et
Diedo sur la hauteur du col de Lorena en un endroit où jaillit de la roche dure une
fontaine, qui ne gèle jamais, même pendant les hivers les plus rigoureux.
Ilga puisa l‘eau de cette source, la porta dans son tablier jusqu‘à sa hutte d‘ermite
distante une demi-heure de marche de Schwarzenberg. En cet endroit, elle répandit un
peu d‘eau et aussitôt jaillit en cet endroit une source qui porte encore le nom de
« Ilgaquelle » (source d‘Ilga). Elle est fréquentée par les malades atteints d‘affections
oculaires au même titre que la source près du sanctuaire de son frère Merboth à
Alberschwende. Elle mourut en 1115 dans son ermitage. Ses ossements sont
conservés comme reliques dans l'église paroissiale de Schwarzenberg.

Priv. Doz. Dr. G. Wollensak, Wildentensteig , D-14195 Berlin

retour



Christa Habrich (Ingolstadt):
Léonard Fuchs ( 1501–1566) et les maladies oculaires

Leonhard Fuchs, un savant humaniste, fait partie des « pères de la botanique » qui
fondèrent cette science grâce à leurs livres de plantes médicinales. Professeur de
médecine aux Universités d‘Ingolstadt et de Tübingen, il s‘intéressait à l‘anatomie, à la
thérapeutique, à la botanique et à la chirurgie, en essayant de supprimer les influences
arabes en faveur d‘une médecine réformée d‘orientation hippocratique et galénique. La
« Tabula oculorum morbos comprehendens », qu‘il a probablement fait imprimer pour
ses étudiants en 1538 compte parmi ses premières úuvres. Une année plus tard son
traité parut à Strasbourg en langue allemande sous le titre : « Alle Krankheiten der
Augen durch den Hochgelehrten Doctor Leonhart Fuchsen zu Onoltzbach
zusammengezogen allen augen artzten hochnötig zu wissen“. Cet ouvrage a
probablement été publié par l‘imprimeur Heinrich Vogtherr, sans l‘autorisation de Fuchs
qui semblait en ignorer l‘existence. La comparaison entre les versions latine et
allemande montre que cette dernière est une compilation de la « Tabula ». Outre les
écrits sur les maladies oculaires, sont également mentionnés les médicaments
recommandés par Fuchs contre les maladies oculaires qui sont décrits dans « Historia
stirpium » (1542).

Prof. Dr. Dr. Ch. Habrich, Deutsches Medizinhistorisches Museum,
Anatomiestraße 18, D-85049 Ingolstadt

retour



Robert F. Heitz (Strasbourg):
Les derniers voyages de Jacques Daviel

À la fin de l‘année 1761, Jacques Daviel (1693-1762) éprouvait un embarras de la langue
qui gênait son élocution. Après l‘hiver, la situation s‘était aggravée à tel point qu‘en avril
1762, il fut obligé de confier la lecture de son mémoire à l‘Académie Royale de
Chirurgie à son ami Morand. Appelé en septembre dans la région de Lyon, il décida de
consulter à Genève son ami le Dr. Théodore Tronchin. Epuisé, à peine capable de se
mouvoir, il atteint Genève et s‘installa à l‘Hôtel des Balances de la place Bel-Air où il
expire le 30 septembre 1762, à l‘âge de 69 ans. À l‘initiative du comte de Montpéraux,
représentant du Roi de France à Genève, son corps fut transporté au Grand-Saconnex,
commune rattachée à la France, pour y être inhumé en terre catholique le 1er octobre
1762 dans l‘enclos de l‘église Saint-Hippolyte.
En 1884, la Professeur Georg Haltenhoff et la Société Suisse d‘Ophtalmologie prirent
l‘initiative d‘y sceller une stèle à la mémoire de Daviel. Le monument fut dessiné par
l‘architecte Emile Reverdin et le médaillon sculpté par Hugues Bovy. L‘inauguration de
cette stèle, offerte à la Commune du Grand-Saconnex eut lieu le 8 octobre 1885. Après
plus d‘un siècle, la stèle nécessita une restauration qui fut réalisée par l‘association
« La Mémoire du Grand-Saconnex », avec la contribution financière de la Société
Francophone d‘Histoire de l‘Ophtalmologie et de la Julius-Hirschberg Gesellschaft zur
Augenheilkunde. La stèle restaurée fut dévoilée le 18 octobre 2002 en présence des
autorités cantonales et locales et des représentants de sociétés donatrices.

Dr. med. Dr. phil. R. Heitz, 23 A rue Trubner, F-67000 Strasbourg

retour



Edouard Mawas (Chatou)
25 Siècles d‘opération de la cataracte par dépression (ou par réclinaison)

L‘opération de la cataracte par dépression (ou par réclinaison) a duré environ 25
siècles. Essai d‘explication pour une telle longévité de Susruta à Desmarres-Dupuytren
(1828) et sa survivance environ un siècle après Daviel.

Dr. med. E. Mawas, 8 Avenue du Parc, F 78400 Chatou

retour



Jacques P. Chevaleraud (Paris):
D’île en île, Francesco Antommarchi (1789-1838), généraliste à Sainte-Hélène et
oculiste aux Amériques

L‘assistance médicale de Napoléon Bonaparte à Sainte Hélène fut difficile. Le docteur
Pierre Maingault, choisi par Corvisart refusa de le suivre en exil. L‘Irlandais 0‘Meara dut,
à la demande du Gouverneur Hudson Lowe, abandonner son malade et rejoindre
l‘Angleterre. Le docteur Fourau de Beauregard, qui avait été le médecin de l‘île d‘Elbe,
fut demandé par le prisonnier.
Le médecin corse Francesco Antommarchi lui fut préféré par Madame Mère et le
Cardinal Fesch, malgré des renseignements qui ne plaidaient pas en sa faveur. Il soigna
Napoléon à partir de septembre 1819, y réalisa son autopsie. Il n‘eut pas le beau rôle
dans l‘histoire du masque mortuaire, réalisé par Buron.
De retour en Europe, il tenta de s‘installer à Paris. Il publia en 1825, un mémorial qui
contient de nombreuses erreurs. Il fut aux côtés des Polonais en 1830. En 1836, il part
pour l‘Amérique et exerce l‘ophtalmologie à La Nouvelle-Orléans au Mexique et à Cuba.
Il mourut de la fièvre jaune à Santiago de Cuba, au début du mois d‘avril 1838.

Prof. Dr. J. P.Chevaleraud, 25 rue Thiboumery, F-75015 Paris

retour



Denis Durand de Bousingen (Strasbourg):
Les itinéraires européens de Victor Stoeber (1803-1871)

Praticien renommé, créateur de la première chaire universitaire d‘ophtalmologie en
France et pionnier de la santé publique en Alsace, le Strasbourgeois Victor Stoeber fut
aussi un grand voyageur doublé d‘un journaliste de talent : les nombreux articles qu‘il
rédigea au fil de ses déplacements retracent avec précision l‘évolution de
l‘ophtalmologie et son exercice dans plusieurs pays européens.
A l‘issue de ses études, Stoeber décida en 1826 de parfaire sa formation en visitant les
principaux centres médicaux européens. Il prend conscience, à Londres, du retard
accusé par la France dans le domaine de l‘ophtalmologie, puis passe quelques mois
chez Von Graefe à Berlin puis chez Jaeger et Rosas à Vienne. L‘expérience acquise au
contact de ces maîtres le poussera à créer un service d‘ophtalmologie moderne à
l‘hôpital, et à promouvoir un véritable enseignement de cette discipline.
Nommé professeur en 1845, Stoeber fait partie des principales sociétés scientifiques
européennes, et participe régulièrement aux réunions des Naturalistes et Médecins
Allemands, puis aux Congrès Internationaux d‘Ophtalmologie. Il publie de nombreux
articles où il décrit les institutions médicales et ophtalmologiques des pays voisins,
surtout en Allemagne et dans l‘Empire Austro-hongrois, mais aussi en Belgique, en
Angleterre et en Italie.
Par ses travaux et ses voyages, Stoeber cherche à jeter des ponts entre
l‘ophtalmologie française et allemande de son époque. Son admiration pour la science
allemande n‘enlève rien à son attachement profond pour sa patrie française. Le
bombardement de Strasbourg, en 1870, puis l‘annexion de l‘Alsace à l‘Empire donnent
à ses ultimes écrits un ton violemment anti-allemand, tandis qu‘il réaffirme, à la veille de
sa mort, sa fidélité à la France.

D. Durand de Bousingen, 5, rue Saint Ignace F 67100 Strasbourg

retour



Hans Remky (München):
Tyndall

Le Tyndall est bien connu en ophtalmologie, mais à peine l‘homme dont le nom est lié à
l‘effet optique en question.
John Tyndall, physicien irlandais (1820-1893) fit ses études à Marburg et à Berlin. Il
était lié d‘amitié à son ancien maître Bunsen et plus tard à Hermann et Anna Helmholtz
ainsi qu‘à d‘autres physiciens et physiologistes allemands. On lui doit d‘importantes
contributions à la connaissance de la chaleur, du son, de la lumière, de l‘électricité et
du diamagnétisme. Tyndall était un alpiniste chevronné et publia sur la glaciologie. Il
publia également sur la théorie des couleurs de Goethe et même sur la tuberculose. En
1867, il succéda à Faraday au Royal Institut of London qu‘il dirigea jusqu‘en 1887.
L‘histoire de l‘effet Tyndall débuta par la question du pourquoi de la couleur bleue du
ciel. En tant qu‘alpiniste, il était intéressé par les observations météorologiques dans
les Alpes. Une contribution à l‘explication avait été donnée avant lui par Brewster et
Stokes, peu après lui Rayleigh a formulé les conditions de l‘apparition de l‘effet Tyndall.

Prof. Dr. H. Remky, Arabellastraße 5, D-81925 München

retour



Hans Schadewaldt (Düsseldorf)
Morgagni et l’ophtalmologie

Giovanni Battista Morgagni, professeur d‘anatomie de l‘Université de Padoue est
reconnu comme le fondateur de l‘anatomie pathologique grâce à son traité « De cedibus
et causis morborum » (1761). De même que Virschow, Morgagni a également exercé la
médecine. Depuis sa thèse en 1949 sur les maladies de la femme chez Morgagni qui
fut également traduite en italien, l‘auteur de la communication s‘est intéressé jusqu‘à ce
jour aux écrits et aux croquis de Morgagni. Outre la cataracte morgagnienne, analysée
par Remky, l‘auteur explicite les rapports cliniques sur certaines maladies oculaires
chez Morgagni tels qu‘elles ont été avancés en 1998 par Luigi Cardia et Alfonso
Montepara.

Prof. Dr. H. Schadewaldt, Inst. für Geschichte der Medizin, Moorenstr. 5, D-40225
Düsseldorf

retour



Hans-Felix Piper (Lübeck)
Un extrait de 150 années de controverses entre strabologues

Une sélection des controverses entre strabologues. (Gelehrtenstreit unter Sinnesund
Schielforschern: Eine Auswahl aus den letzten eineinhalb Jahrhunderten)
Pour appuyer leurs idées, les physiologistes des sens se réfèrent à leurs essais, les
ophtalmologistes à leurs observations de l‘úil. Les deux empruntent parfois des voies
différentes pour leur interprétation des rapports complexes. Ainsi Hering et Fick se sont
contredits en 1898 sur la question de la fatigabilité de la rétine. La dispute entre Ohm et
Bartels a débuté en 1920 et s‘étendit sur plus de 30 années. La forme primitive du
nystagmus est elle une oscillation ou un mouvement pendulaire sinusoïde ? Le
théoricien du strabisme Weckert se vit opposer en 1939 deux grands connaisseurs: le
clinicien expérimenté Harms et le rédacteur Jaensch n‘ont pas approuvé la théorie de
Calcarina-Lippe. Grimm et Harms ne partageait pas la même opinion sur la « guérison »
du strabisme (1941).
Il est rare que les contradicteurs aient trouvé un terrain d‘entente; il existe un exemple
qui pourrait servir de leçon: en 1961 le président de la Deutsche Ophthalmologische
Gesellschaft fit procéder à un vote durant la séance pour déterminer si la fixation
excentrique serait à distinguer de la position excentrique (Mackensen) ou non (Opel) –
Le temps faisant son úuvre donne finalement raison à la réalité.

Prof. H.-F. Piper, Im Brandenbaumer Feld 32, D-23564 Lübeck

retour



Manfred Jähne (Aue)
La contribution des médecins saxons à l’anatomie et à la thérapeutique des
affections des voies lacrymales excrétrices

Selon Hirschberg, les affections des voies lacrymales excrétrices étaient connues des
chirurgiens des temps anciens. Cette communication se destine à relever les
contribution des chirurgiens, des ophtalmologistes et des anatomistes de Saxonie.
Dans le « Augendienst » (1583) Georg Bartisch (1535-1607) décrit 29 recettes contre le
larmoiement. Une première place parmi les travaux sur l‘anatomie de l‘appareil lacrymal
et des paupières est occupée par la dissertation (1797) de Johann Christian
Rosenmüller (1771-1820) de Leipzig. Johann Zacharias Platner (1694-1747) publia à
Leipzig la première extirpation du sac lacrymal dans la dacryocystite dans « De fistula
lacrimali » (1724). Karl Heinrich Weller (1794-1854) de Dresde perfectionna le sondage
par un fil d‘acier en cas de sténose des voies en utilisant des cordes de piano de divers
calibre. Christian Theodor Ruete (1810-1867) s‘intéressa spécialement au traitement
opératoire des fistules lacrymales et aux maladies des « tuyaux lacrymaux ». Il
pratiqua le sondage du canal lacrymo-nasal par voie basse. La communication montrera
l‘influence exercée par ces médecins sur les traitements de l‘époque et leur incidence
européenne.

Dr. med. habil M. Jähne, Semmelweis-Siedlung 8, D-08301 Schlema

retour



Frank Krogmann (Thüngersheim)
Würzburg, le berceau de l’histologie normale et pathologique de l’œil

Julius Hirschberg a désigné l‘Ecole de Würzburg comme le berceau de l‘histologie
normale et pathologique de l‘úil. Albrecht von Graefe relève essentiellement le travail
pionnier de Heinrich Müller (1820-1864). L‘exposé donne un aperçu des acquisitions
depuis cette époque jusqu‘au début du 20e siècle, en tenant particulièrement compte
de Heinrich Müller et des autres scientifiques de Würzburg.

F. Krogmann, Kirchgasse 6, D-97291 Thüngersheim

retour



Jutta Herde (Halle)
Le 170e anniversaire d’Edwin Theodor Sämisch (1833-1909)

Le 170e anniversaire d‘Edwin Theodor Sämisch, le 30.9.2003 est l‘occasion de rappeler
l‘édition du premier des 7 volumes du « Handbuch für Ophthalmologie » (1874-1880) par
Graefe-Sämisch. Cet ouvrage était à l‘époque le premier traité de cette ampleur et fut
également un défi relevé par les ophtalmologistes anglais et français qui publièrent des
traités ophtalmologiques similaires.
Après ses études secondaires au gymnase de sa ville natale Luckau/Niederlausitz,
Sämisch étudia la médecine à Berlin. Il séjourna en 1858/59 chez A. von Graefe, puis
chez Pagenstecher à Wiesbaden. Dans un journal de Würzburg il publia avec son
maître les résultats de ses analyses scientifiques basées sur un important matériel
clinique. Sämich compléta sa formation de l‘anatomie de l‘organe visuel chez Heinrich
Müller à Würzburg. À partir de 1862, Th. Sämisch exerça à Bonn qu‘il ne quitta plus,
excepté quelques escapades aux congrès et à sa ville natale. Il ouvrit en 1863 une
clinique privée qui devint en 1873 la clinique universitaire dont la direction lui fut confiée.
Même s‘il n‘a pas pu réaliser lui-même la construction d‘une nouvelle Clinique
universitaire, il assista en 1903 à l‘inauguration du bâtiment réalisé selon son projet. En
1874/75 et en 1780/81 il assuma la charge de doyen et en 1892/93 celle de recteur de
l‘Université. Outre ses activités cliniques et opératoires il assura un enseignement
exemplaire. Sa proposition à A. von Graefe de fonder une revue d‘ophtalmologie qui
tiendrait compte de tous les travaux en ophtalmologie fut réalisée par Zehender. Lors de
la rédaction de la seconde édition du Handbuch qui atteignait maintenant 14 volumes, il
succomba en 1898 à une crise cardiaque. Il montrait un intérêt particulier pour les
maladies de la conjonctive, de la sclère et de la cornée. Avec leur magistral traité, les
deux amis Graefe et Sämisch ont tracé la voie d‘une ophtalmologie européenne.

Prof. Dr. J. Herde, Augenklinik der Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg,
Magdeburger Straße 8, D-06112 Halle

retour



Danny H.-K. Jokl (New York)
Hermann Ludwig Cohn (1838-1906)

Après ses études en physique et chimie chez Kirchhoff, Bunsen et Helmholtz,
sanctionnées par un doctorat, puis en médecine à Breslau, Hermann Ludwig Cohn
étudia l‘ophtalmologie chez Foerster et se consacra à son chef d‘úuvre et thème
préféré : il effectue une statistique de 10 000 yeux des enfants de Breslau et démontre
que la cause de la myopie progressive serait à trouver dans les bâtiments scolaires mal
éclairés et mal construits.
Méprisé par ses confrères et par les burocrates, Cohn défendit ses idées dans plus de
300 publications. Il réussit à imposer progressivement ses idées et fut même décoré
par l‘empereur et sa ville. Ses thèses ont été confirmées par les recherches modernes.

D. Hirsch-Kauffman Jokl M.D., Clinical Professor of Ophthalmology, New York Medical
College

retour



Peter Kober (Schwelm)
Dr Ludwig Lazarus Zamenhof – un ophtalmologiste dangereux

Ludwig Lazarus Zamenhof naquit le 15 décembre 1859 à Bialystok, une petite ville dans
la partie orientale de la Pologne, à l‘époque annexé à l‘Empire russe. Son père, Marcus
Zamenhof y était professeur de langue allemande et française.
La multiplicité des langues parlées dans sa ville natale (russe, polonais, allemand,
biélorusse, yiddish et hébreux) et l‘hostilité entre les diverses communautés
linguistiques d‘une même ville et en général des populations lui donnèrent l‘idée dès
son âge scolaire, de créer une langue universelle. Cette langue devrait être facile à
apprendre, être composée d‘éléments des langues les plus courantes, posséder une
grammaire simple et devrait ainsi permettre aux peuples de trouver plus facilement la
voie de la compréhension et de la réconciliation.
Zamenhof étudia la médecine à Moscou et à Varsovie, s‘installa brièvement comme
médecin de campagne dans un petit village de Lituanie, puis s‘orienta vers
l‘ophtalmologie, qu‘il étudia d‘abord à l‘Hôpital Juif de Varsovie, puis en 1886 à Vienne.
Il exerça – souvent dans des conditions misérables- en divers lieux de l‘Empire Russe,
puis jusqu‘à la fin de ses jours en 1917 à Varsovie.
Son activité médicale était accessoire, car il consacra toute son énergie à son idée
d‘une « Linguo Internacia », de l‘esperanto, un terme qu‘il avait choisi comme
pseudonyme pour ses premières publications. Sa « langue secrète » était plus que
suspecte au gouvernement du Tsar. Mais même en-dehors de l‘Empire, les
espérantistes ne rencontrèrent pas que des sympathies et des adhérents, entre autres
Emile Javal, mais également une grande méfiance en ces périodes de nationalisme
exaspéré.
Ainsi Zamenhof devint pour les uns un porteur d‘espoir d‘une compréhension réciproque
entre les peuples et les nations, pour d‘autres un « ophtalmologiste dangereux », un
internationaliste, un conspirateur et le fossoyeur des identités nationales.
Deux astéroïdes satellites solaires portent actuellement le patronyme de ce bienfaiteur
de l‘humanité Zamenhof et de « son » espéranto.

Dr. med. P. Kober, Kirchstr. 2, D-58332 Schwelm

retour



Gerhard Holland (Kiel)
L’ophtalmologiste et historien de la médecine Albert Esser

Albert Esser (1885-1972) naquit à Düsseldorf. Après des études secondaires au
Gymnase royal et humaniste de cette ville, il fit un semestre d‘études juridiques puis
étudia la médecine à Bonn, Berlin, Münich, Freiburg et Heidelberg où il passa son
examen d‘Etat et la même année son doctorat. Il se perfectionna en ophtalmologie à
Düsseldorf chez Rieke et chez Krauss. Après la guerre 1914-18 durant laquelle il fut
médecin militaire, il s‘établit comme ophtalmologiste à Düsseldorf, se maria avec
l‘ophtalmologiste Hella Rieth avec laquelle il ouvrit une consultation commune. De 1926
à 1930 tout en poursuivant sa pratique médicale, Esser étudia le sanscrit à Bonn et à
Köln. En 1930, il soutint son Dr. Phil sous le thème « L‘ophtalmologie du
Bhavaprakasa ». En 1940 il devint professeur à la faculté de médecine de Heidelberg.
En 1946 Esser fut nommé professeur honoraire de l‘Académie de médecine de
Düsseldorf et y enseigna l‘histoire de la médecine jusqu‘en 1961. En 1953 il devint
membre de l‘Académie allemande des Sciences Leopoldina, en 1959 membre
d‘honneur de la Société allemande d‘ophtalmologie.
Esser rédigea environ 150 travaux scientifiques, de contenu philosophique, de médecine
générale et d‘ophtalmologie. À partir de 1926 il publia presque exclusivement des
travaux d‘histoire de la médecine avec une prédominance de thèmes ophtalmologiques.
Il s‘intéressa spécialement à l‘ophtalmologie dans la médecine sanscrite et dans
l‘Antiquité. Esser rédigea trois importantes monographies: 1. Le point de vue biologique
et médical de César et des empereurs julio-claudiques ; 2. La cécité dans l‘Antiquité; 3.
L‘histoire de la Société allemande d‘ophtalmologie. Avec Julius Hirschberg et Hugo
Magnus, Albert Esser est le troisième grand historien allemand de l‘ophtalmologie. En
annexe l‘auteur recense l‘ensemble des travaux historiques en rapport avec
l‘ophtalmologie publiés par Esser

Prof. G. Holland, Esmarchstraße 51, D-42105 Kiel

retour



Gottfried Vesper (Leipzig)
La maladie oculaire de Claude Monet

Claude Monet (1840 - 1926) est 1'un des représentants le plus connu de
1'impressionnisme. En 1912, lui fut diagnostiquée une cataracte bilatérale. Les
problèmes de la vue s‘accentuaient à fur et à mesure de la progression de l‘opacité
cristallinienne. En 1923, l‘úil droit fut opéré. Après cette intervention chirurgicale, Monet
souffrait de troubles de la perception de couleurs.

MR Dr. G. Vesper, Harnackstraße 9, D-04317 Leipzig

retour



Dieter Schmidt (Freiburg)
L’œuvre scientifique de Rolf Schmidt (1906-1982)

Après son baccalauréat, passé dans sa ville natale de Eilenburg, Rolf Schmidt fit des
études de médecine à Jena, Göttingen et Innsbruck. Il réussit son examen d´Etat en
Médecine à Jena en 1931 et reçut l´autorisation d´exercer en 1932. Après sa thèse qu´il
soutint à Jena en 1932, il devint Assistant d´ophtalmologie a l´Hôpital Universitaire de
Freiburg en Brisgau chez l´ophtalmologue réputé Walter Löhlein.
Ensuite il devint chef de service de la Clinique ophtalmologique sous la direction du
professeur Wilhelm Wegner. En 1936, après la publication de ses travaux sur l‘herpès
cornéne il fut nommé professeur hospitalier et en novembre 1941 professeur
universitaire. Pendant la seconde guerre mondiale, il fut chef des services
d‘ophtalmologie d‘hôpitaux militaires en Russie et en France. Après la guerre, il devint
médecin-chef des services d‘ophtalmologie aux hôpitaux de Kirn/Nahe et de Bad
Kreuznach, où il exerça jusqu´en 1981.
On doit mettre à son actif les critiques qu´il fit, dans ses publications, sur les
conceptions et pratiques de l´époque concernant les maladies ophtalmologiques
héréditaires. Il s´opposa d´une façon stricte à l´opinion des ophtalmologues réputés du
début des années 40 qui voulaient stériliser les patients souffrant de cataracte ou de
glaucome congénitaux. Il combattait cette opinion de ses confrères et avançait que l´on
ne devait pas stériliser dans toutes les maladies des yeux. Son action n‘allait pas
uniquement contre les opinions de ses collègues, elle s‘opposait également aux lois
d‘eugénique en vigueur en Allemagne. Ses nombreuses publications - au total plus
d´une cinquantaine - comportaient des ouvrages originaux ainsi que des conférences.
Elles traitent surtout des maladies de la cornée et de la rétine (décollement de la rétine,
des troubles de la circulation sanguine, des maladies tuberculeuses), des lésions du
nerf optique, de l´analyse spectrale pour la recherche des métaux intraoculaires, de la
lecture verticale, des affections toxiques de l´úil, des blessures oculaires, des
problèmes des aveugles et de l´expertise des automobilistes et des motocyclistes. Sa
publication encore actuellement la plus citée est celle qui mentionne pour la première
fois la relation de l´opacité héréditaire de la cornée avec certaines lésions articulaires. Il
évoqua également pour la première fois l´hérédité autosomique dominante du syndrome
d´«Axenfeld-Rieger».
Ses travaux sur la kératite superficielle herpétique dendritique ont une grande valeur. Il
compléta la description du dermatologue Behcet par les observations ophtalmologiques
de l´iritis récidivant à hypopyon. Ces publications (1937, 1940) étaient essentielles, car
elles complétaient les symptômes de ce qui fut appelée plus tard « maladie de
Behçet » par leurs les signes ophtalmologiques. D´autres publications concernant des
maladies de l´úil, par exemple des atteintes rares dues à la compression du nerf
optique (1953), sont encore considérées de nos jours comme primordiales dans le
diagnostic différentiel des maladies du nerf optique.

Prof. D. Schmidt, Univ.-Augenklinik, Kilianstraße 5, D-79106 Freiburg

retour



Frank Wilhelm (Halle/Saale)
L’histoire de la conservation des greffons cornéens

De nos jours, il est presque devenu évident qu‘en cas de besoin d‘une greffe cornéenne,
on fasse appel à des greffons provenant de donneurs. Les problèmes des débuts de
cette technique sont presque oubliés, quoique nous disposions encore d‘un nombre
insuffisant de greffons.
Le problème de la disponibilité de greffons de donneur se pose depuis qu‘Eduard Zinn
pratiqua avec succès en 1906 la première greffe d‘une cornée humaine. Zirn avait utilisé
la cornée d‘un donneur vivant. Filatov utilisa en premier pour la transplantation, la cornée
de sujets décédés. Il fut également le premier qui conservait les globes dans une
chambre humide, de ce fait la transplantation n‘était plus une intervention d‘urgence.
Les globes des donneurs étaient conservés au frais dans un réfrigérateur. En 1944,
T.Paton créa aux Etats-Unis la première Banque des Yeux.
De ce fait, l‘opération de la kératoplastie connut rapidement un grand succès, par
exemple par Castroviejo en Amérique et par Löhlein en Allemagne. L‘élève de Löhlein,
Günther débuta en 1958 à Greifswald, après une période d‘études biomicroscopiques
approfondies de l‘úil du donneur, pour conserver des cornées isolées dans des milieux
liquides –initialement le sérum du patient. McCarey et Kaufman introduirent en 1974 un
milieu qui fut reconnu comme le milieu de conservation de cornée le plus sûr même audelà
de 84 heures. À cet effet, le disque cornéen est introduit à +4°C dans le milieu de
culture cellulaire, connu comme « Milieu MK », constitué de dextran et d‘antibiotiques.
Tous les milieux actuels de conservation des greffons sont des dérivés de ce mileur.
Summerlin publia en 1973 un procédé de conservation du greffon dans des conditions
physiologiques en utilisant un milieu de culture d‘organe. Ainsi fut mise au point une
méthode de conservation des greffons jusqu‘à 35 jours, malheureusement très
dispendieuse. Aux Etats-Unis est utilisée la méthode de Doughman, en Europe celle de
Sperling. La technique de culture d‘organes se répandit en Europe grâce à l‘ouverture
d‘une banque des yeux par Pels et Schuchard à Amsterdam. Böhnke utilisa ce procédé
en 1981 à Hambourg. Puis suivirent les banques autrichiennes (Grabner à Vienne) et
suisse (Schimmelpfennig à Zürich). Suivirent Aachen (1989), Kiel (1991), Greifswald
(1992). En 1995 fut fondé l‘ „Arbeitsgemeinschaft Deutscher Hornhautbanken“
(fédération des banques des yeux d‘Allemagne). En 1997 après le vote de la loi sur les
transplantation, fut créé une base légale pour les prélèvement des greffons cornéens.

Prof. Dr. F. Wilhelm, Augenklinik der Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg,
Magdeburger Straße 8, D--06097 Halle

retour



Martin Wenzel und S. Langefeld (Trier)
La chirurgie moderne de la cataracte. Depuis la France par l’Autriche vers le
Monde entier

Jusqu‘à la seconde moitié du XVIIIe siècle, la France était sans conteste le centre de
l‘ophtalmologie moderne. Lorsque l‘impératrice d‘Autriche, Maria Theresia fut atteinte
d‘un blépharochalasis (ptosis ?) elle ne fit pas confiance aux ophtalmologistes viennois,
mais sur recommandation de van Swieten, elle fit venir le chirurgien germanophone
établi à Paris, J.Wenzel. Pour ne pas divulguer sa maladie, l‘invitation fut faite sous
prétexte d‘opérer la cataracte d‘une amie. Seuls les comptes-rendus opératoires de von
Wenzel nous mettent au courant du traitement de l‘impératrice.
Maria Theresa fut tellement impressionnée par le résultat opératoire, qu‘elle s‘investit
personnellement dans la formation chirurgicale des médecins viennois par J.Wenzel.
Après quelques années J.Barth acquit une formation chirurgicale suffisante, avec
l‘asssitance du jeune G.J.Beer. Par la suite Barth refusa de former d‘autres collègues et
ce n‘est que de nombreuses années plus tard que G.J.Beer, autodidacte se basant sur
ses observations de jeunesse, osa l‘opération de la cataracte puis peu à peu obtint un
succès. Contrairement à ses contemporains, il proposa un enseignement aux étudiants
de médecine et forma de nombreux opérateurs. La Faculté de Médecine lui confia,
finalement et après de nombreuses querelles, la première chaire d‘ophtalmologie. Ceci
devint le germe de l‘ophtalmologie universitaire en Europe centrale. Même A. von
Graefe, qui fut acquis à l‘ophtalmologie par F. Arlt, un disciple de Beer, relevait l‘intérêt
des compte-rendus opératoires de von Wenzel pour ses activités opératoires courantes.

Prof. Dr. M. Wenzel, Augenabt. des Krankenhauses der Barmherzigen Brüder,
Nordallee 1, D-54292 Trier

retour


Zur JHG-Homepage